Une lettre reçue de Pascal Annic le 10 mars 2005


Merci Hélène ,
Pour votre petit mot sur votre association .
Je savais que notre petit don serait utilisé au mieux , je n'avais aucun doute .
Je ne savais pas s'il vous intéressait de connaître notre adresse . J'imaginais bien que vous étiez surchargés de travail . Je gardais contact par connaissance interposée qui me transmettait les informations sur les évènements et comment réagissaient ceux qui restent .
Un ami m'avait conseillé de visiter Koh Phi Phi et m'avait donné l'adresse de Henri qui nous avait , ma famille et moi , accueillis gentiment dans son île . On sentait Henri heureux de ce qu'il tentait de construire . On avait quelques jours plus tard discuté sur l'évolution de l'île , ses craintes , ses espoirs (nous étions venus lors de l'ébauche de la centrale d'épuration des eaux usées) . Cette ambiance positive de gens qui sentent que leur action leur permet de redresser la tête était bonne à ressentir . Il y avait du retroussage de manche dans l'air .

Dans les quelques minutes de notre arrivée , nous avions compris que ces gens de cette île "valaient la peine" ; désolé , je ne peux pas mieux exprimer mon sentiment . Nous avions loué un bungalow près de la plage et , forcément , comme le touriste moyen je me suis mis à filmer l'endroit . Un plan sur notre logement avec mon petit garçon d'1 an et demi ; demi tour , un plan sur la plage . Je me retourne , plus de fils ! Panique !
La femme de ménage , voyant notre panique , prend calmement son talkie walkie . Trois appels et il était retrouvé . Le gardien des bungalows voisins nous l'a ramené dans ses bras ...
Je m'inquiète de ce gardien , de cette femme de ménage ...
J'imagine la peine de Henri et de tout ces gens . Quoi faire ?

Ce sentiment de gens "qui valent la peine" est sûrement la source des dons . Mes enfants ont spontanément pris dans leur tirelire pour donner à l'association de leur école . Et quand on connait la gestion minutieuse de ces tirelires , on ne peut qu'être qu'impressionné par le geste !
Je souhaite que cette ambiance renaisse . Pas un paradis . Juste un endroit où des hommes et des femmes relèvent la tête de nouveau .
J'attends d'avoir l'information de ce qui est nécessaire . De l'argent ? Combien ? Je vais déjà m'inscrire à votre association .

On avait eu tant de mal à quitter !

A bientôt ,
   
Pascal ANNIC